Première mondiale signée GSK : un vaccin contre le VRS produit en Belgique

© Marco Mertens
Distribué dans plus de 60 pays, le vaccin contre le VRS de GSK – le premier à être approuvé dans le monde – a été développé en Belgique, où il est aussi fabriqué. Fruit de longues recherches, d’importants investissements et d’un écosystème performant, il confirme le statut de “Silicon Valley du vaccin” de notre pays.
Entreprise : GSK
Siège : Wavre
Fondée en : 2000 (fusion de GlaxoWellcome et SmithKline Beecham), les origines en Belgique remontent à 1945
Nombre de collaborateurs : 70 000, dont plus de 9 000 en Belgique

Innovation :
GSK a développé le premier vaccin au monde approuvé pour protéger les personnes contre le RSV

Moins connu mais tout aussi redoutable que la grippe et le coronavirus, le virus respiratoire syncytial (VRS) touche principalement les très jeunes enfants, chez qui il provoque des bronchiolites pouvant mener au décès. Autre population concernée: les adultes présentant des comorbidités ou des systèmes immunitaires affaiblis. Chez les personnes âgées en particulier, le virus entraîne des pneumonies qui, elles aussi, peuvent se révéler mortelles.

Saisonnier, le VRS est surtout actif au début de l’hiver, comme le virus de la grippe. “Il a longtemps été sous-diagnostiqué, car on ne disposait pas des outils permettant de le détecter; aujourd’hui, on se rend mieux compte de son importance”, précise Marie-Thérèse Martin, VP Head Vaccines Clinical Sciences chez GSK, qui pointe 5 millions d’infections annuelles dans le monde, dont 50.000 en Belgique, menant à 4.500 hospitalisations et jusqu’à 300 décès. Destiné en premier lieu au groupe à risque des personnes âgées de 60 ans et plus, le vaccin de GSK protège des millions de patients dans plus de 60 pays.

S’il est décrit par la science depuis plus de 60 ans, le VRS est très complexe. Raison pour laquelle l’industrie pharmaceutique est restée longtemps impuissante à lui trouver une parade thérapeutique ou préventive. Jusqu’au vaccin mis au point par les équipes de GSK Belgium après deux décennies de recherche et enregistré en Europe depuis un peu moins de deux ans. « De nouvelles percées ces dernières années ont permis, la mise en place d’outils de biologie moléculaire qui ont stabilisé le virus et ouvert la voie », confie Marie-Thérèse Martin. « Contrairement à la grippe ou au SARS-Cov-2, dont les souches évoluent et nécessitent de nouveaux vaccins chaque année, le VRS est stable. Notre vaccin protège le patient pendant 3 ans »

Silicon Valley du vaccin

C’est dans les installations brabançonnes de GSK que le développement de la technologie et la mise en place expérimentale préalable aux premières études cliniques ont été effectués. “La Belgique est surnommée la ‘Silicon Valley du vaccin’”, sourit Marie-Thérèse Martin. “Il est vrai qu’on y trouve un réseau de compétences et de partenaires cliniques particulièrement performant, y compris les autorités belges avec lesquelles nous échangeons au départ du processus, et les investigateurs qui supervisent les essais.”

Menée en Belgique sur plus de 3.000 sujets en collaboration avec l’université d’Anvers et Vaccinopolis, l’étude d’efficacité a été étendue au niveau mondial, avec plus de 25.000 sujets recrutés en à peine quatre mois. Un travail colossal en termes d’organisation logistique, de synchronisation et de synthèse, accompli en pleine pandémie de coronavirus.

Chaîne de valeur intégrée

Si le projet a été piloté de bout en bout au départ de la Belgique, c’est parce GSK  y intègre une grande part de sa chaîne de valeur, de la R&D à Rixensart au centre de distribution mondiale de Gembloux, en passant bien sûr par Wavre, le plus important site de production industrielle de vaccins au monde.

“Cette intégration a permis de codévelopper d’emblée le vaccin en tenant compte de ses très hautes exigences d’industrialisation”, avance Emmanuel Felix, VP Global Industrial Operations. Transformer un procédé R&D en un processus industriel implique en effet de relever un grand nombre de défis de formulation, de production des antigènes et adjuvants, de remplissage aseptique, d’inspection et d’emballage. “Se voir confier tout ce process illustre à quel point la Belgique joue un rôle stratégique prépondérant au sein du groupe mondial”, poursuit-il, ajoutant que tous les vaccins GSK – une vingtaine au total – voient au moins une étape de leur fabrication opérée dans notre pays.

Durabilité

Au niveau mondial, GSK répartit la production de ses antigènes et adjuvants sur plusieurs sites. Les arbitrages dépendent entre autres des compétences techniques, scientifiques et des capacités productives et de distribution. “Les questions de durabilité et d’empreinte carbone prennent de plus en plus de place dans nos décisions d’allocation”, insiste Emmanuel Felix. “GSK s’est engagé dans un objectif ‘zéro carbone’ à l’horizon 2030. Nous intégrons cet objectif à tous les niveaux. Cela va de la R&D à notre production – consommatrice d’eau et d’énergie –, mais aussi sur tout le cycle de vie du produit, du sourcing des matières premières aux déchets après injection.”

Pour le vaccin contre le VRS, les efforts de GSK ont d’ailleurs été salués par une certification “Carbon Trust” de l’organisme éponyme. Le vaccin est également produit dans une unité certifiée ‘Factory of the Future’ à Wavre.

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