L’annonce d’une restructuration au sein de l’entreprise chimique BASF Anvers, qui pourrait avoir un impact sur quelque 600 emplois dans les années à venir, est particulièrement douloureuse. Avant tout pour les travailleurs concernés et leurs familles. Elle illustre également, une fois de plus, à quel point le contexte économique actuel est dommageable pour l’industrie en Europe et en Belgique. La fédération sectorielle essenscia appelle à une réduction rapide et structurelle des coûts de l’énergie afin d’éviter de nouvelles pertes d’emplois.
Après plusieurs années de croissance, marquées par de nombreux investissements stratégiques et plus de 12 000 emplois supplémentaires dans les secteurs belge de la chimie et de la pharmacie, on observe aujourd’hui une rupture de tendance inquiétante. La combinaison de coûts énergétiques structurellement élevés, d’une réglementation complexe et coûteuse, et d’une incertitude croissante dans l’économie mondiale en raison des tensions géopolitiques et des droits de douane, exerce une forte pression sur la compétitivité de l’industrie.
Yves Verschueren, administrateur délégué d’essenscia, déclare : « L’an dernier, pour la première fois en dix ans, notre secteur a dû encaisser une perte nette d’emplois, avec plus de 1 000 postes supprimés. Cette tendance préoccupante se poursuit, car nos entreprises chimiques, malgré leur grande efficacité, ne sont tout simplement plus compétitives. La principale raison réside dans les coûts énergétiques élevés en Belgique, où les prix de l’énergie dépassent non seulement ceux du reste du monde, mais aussi ceux de nos pays voisins. Nous répétons aujourd’hui ce que nous réclamons depuis des années : nos gouvernements doivent tout mettre en œuvre pour réduire structurellement ces coûts énergétiques, sinon d’autres mauvaises nouvelles suivront. L’urgence est extrême. Perdre l’industrie, c’est perdre la prospérité. »
Essenscia insiste pour que la réduction promise des tarifs de transport de l’électricité, prévue dans l’accord de gouvernement fédéral, soit mise en œuvre d’urgence. À tous les niveaux de pouvoir, des mesures supplémentaires sont également nécessaires pour réduire structurellement les coûts de l’énergie, soutenir les investissements dans les technologies respectueuses du climat et mieux protéger la compétitivité internationale des industries à forte intensité énergétique.
Le secteur de la chimie & pharma demeure un pilier de l’économie et de la prospérité belges, représentant près de 100 000 emplois, un tiers des exportations nationales et deux tiers de tous les investissements industriels en recherche et développement. Anvers abrite par ailleurs le plus grand cluster chimique d’Europe. La compétitivité de l’industrie doit être la priorité absolue, tant pour les responsables politiques que pour les partenaires sociaux, car c’est elle qui fonde l’économie et l’emploi de demain.
