Les gouvernements flamands et wallons ont signé la « déclaration de Mons », aux côtés des organisations patronales Voka et AKT for Wallonia et de 17 grandes entreprises industrielles, dont Air Liquide, BASF, Borealis, INEOS et TotalEnergies. Une étape importante dans la volonté de notre pays de jouer un rôle de pionnier dans la capture et le stockage des émissions industrielles de CO₂. Pour le secteur de la chimie, il s’agit d’un signal fort envoyé par les pouvoirs publics témoignant de sa volonté de mettre en place les infrastructures et le cadre concurrentiel indispensables au déploiement de cette technologie capable de réduire drastiquement les émissions de l’industrie.
Capturer et stocker de manière sûre les émissions de CO₂ des entreprises : le CCS pour Carbon Capture and Storage représente une technologie indispensable pour atteindre la neutralité climatique. Comme confirmés par plusieurs rapports, sans la technologie CCS, les objectifs climatiques sont inatteignables, en particulier pour les secteurs à forte intensité énergétique comme l’acier, le ciment et la chimie. Pour les émissions issues de tels processus de production, le CSS représente la seule alternative permettant aux entreprises de réduire drastiquement leurs émissions tout en maintenant leur production sur le territoire.
Présentée dans la cimenterie Holcim à Mons, où du ciment zéro carbone sera produit d’ici 2029, la déclaration commune a été ratifiée par les Ministres-présidents respectifs des gouvernements flamands et wallons, Matthias Diependaele et Adrien Dolimont, par les représentants du Voka et Akt for Wallonia, ainsi que des CEO de 17 entreprises industrielles dont Air Liquide, BASF, Borealis, INEOS et TotalEnergies. Dans cette déclaration de Mons, les acteurs politiques et économiques s’engagent désormais à tout mettre en œuvre pour faire de la Belgique un pays leader dans le domaine du CCS.
La mise en place d’un cadre politique cohérent et propice aux investissements devrait offrir aux entreprises une sécurité suffisante pour que les projets actuellement à l’étude — qui ont le potentiel de réduire jusqu’à un quart des émissions industrielles totales — puissent effectivement être réalisés. Des décisions d’investissement importantes sont attendues dans les prochains mois.

Atout stratégique
Le CCS est non seulement une solution climatique essentielle, mais aussi un atout stratégique permettant d’ancrer une production industrielle sur le long terme en Belgique. Il permet d’éviter le « carbon leakage » — la délocalisation d’investissements et d’emplois vers des pays aux règles climatiques moins strictes — tout en créant de la valeur ajoutée dans le transport, le stockage et la réutilisation du CO₂
Cet accord commun fixe des objectifs clairs. Les deux régions s’engagent à une approche coordonnée, interrégionale et transfrontalière, en étroite collaboration avec l’industrie, les pays voisins et l’Union européenne. Elles souhaitent également développer des mesures de soutien pour faciliter les premiers investissements et limiter les risques financiers. L’accès aux financements européens jouera un rôle déterminant à cet égard.
Une réglementation prévisible, des procédures d’autorisation rapides et un engagement budgétaire clair pour les infrastructures sont des conditions essentielles pour réaliser les projets pilotes risqués de CCS. Grâce à la forte intégration des clusters industriels, à la présence de ports et de réseaux de pipelines, ainsi qu’à l’accès à des capacités de stockage sûres dans différents pays de la mer du Nord, la Belgique dispose d’une position unique pour se profiler comme chef de file de la transition industrielle.
Lire la déclaration de Mons : ccs_100x150
