« Si nous prenons l’autonomie stratégique au sérieux, nous ne pouvons pas tergiverser »
essenscia, la fédération sectorielle de la chimie, des plastiques et des sciences de la vie, appelle les gouvernements fédéral et régionaux à soutenir pleinement l’accord commercial entre l’Union européenne et les pays du Mercosur. À une époque marquée par la multiplication des conflits commerciaux et des tensions géopolitiques, cet accord constitue un levier essentiel pour diversifier les marchés d’exportation et les chaînes d’approvisionnement, stimuler la croissance économique et renforcer l’autonomie stratégique de l’Europe.
Après pas moins de 25 ans de négociations, la Commission européenne a conclu en décembre 2024 un accord commercial avec les pays du Mercosur – l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay. L’accord couvre un cinquième de l’économie mondiale et jette les bases de relations commerciales durables entre deux régions représentant ensemble 750 millions d’habitants. Selon les estimations de la Commission européenne, cet accord générerait d’ici 2040 plus de 77 milliards d’euros de valeur économique supplémentaire pour l’Europe et augmenterait de 39 % les exportations vers les pays du Mercosur.
Suppression des droits d’importation
Aujourd’hui, le secteur de la chimie et de la pharma représente la moitié des exportations belges vers cette région d’Amérique du Sud, soit plus de 2,5 milliards d’euros en 2024. Le Brésil est de loin la principale destination des exportations, suivi par l’Argentine. L’accord commercial prévoit la suppression des droits d’importation, qui peuvent actuellement atteindre 14 % pour les produits pharmaceutiques et 18 % pour les produits chimiques. Cet accord prévoit également la levée de nombreux obstacles administratifs, avec de nouvelles opportunités de croissance pour d’autres branches industrielles dont le secteur de la chimie est un fournisseur clé. Les importations en provenance des pays du Mercosur devront, en outre, se conformer à toutes les normes et standards européens.
Yves Verschueren, administrateur délégué d’essenscia : « L’industrie belge et européenne a besoin de relations commerciales solides et fiables. Et cet accord répond à ce besoin : moins de droits de douane, un accès plus fluide au marché et des garanties claires en matière de durabilité. Alors que les règles du commerce international sont de plus en plus mises à mal, l’Europe ne peut pas laisser passer cette occasion. Le libre-échange reste le moteur de la croissance économique, de la compétitivité et de l’autonomie stratégique. Nous appelons donc les gouvernements de notre pays à adopter cet accord afin qu’il soit approuvé rapidement. Après 25 ans de négociations, le moment est venu de dire oui. Un échec pousserait les pays du Mercosur à se tourner vers d’autres partenaires commerciaux, avec des conséquences néfastes pour l’économie belge et européenne. »
