Les recrutements reculent dans la chimie et les sciences de la vie, mais les entreprises continuent à rechercher des talents. Selon le Baromètre de l’emploi 2026 d’essenscia, 73 % des entreprises wallonnes et bruxelloises interrogées prévoient d’engager cette année, pour un total de près de 1.600 postes. Un emploi sur deux correspond à une création de poste. Les profils techniques restent les plus recherchés.
Au total, 1.597 postes devraient être proposés en 2026, contre 1.896 en 2025 (–15 %). Par rapport au pic de 2021 (3.035 recrutements), la baisse atteint 47 %. Près de trois recrutements sur quatre (74 %) concernent la biopharma, contre 26 % pour la chimie et la plasturgie. La moitié des postes sont de nouvelles fonctions, signe que le secteur continue d’investir dans les compétences, malgré des besoins de remplacement liés à la pyramide des âges.
Kris Bosch, conseiller enseignement & marché du travail chez essenscia :« Dans une conjoncture économique particulièrement difficile, notre secteur ajuste ses prévisions, tout en continuant à recruter. Les besoins restent très importants pour les profils techniques. Cela confirme l’importance d’un enseignement technique solide, de formations pratiques et de passerelles efficaces entre l’école et l’entreprise. »
Des plans de recrutement sous pression
Les perspectives restent sous pression. Les entreprises citent notamment le contexte économique, la situation géopolitique, les coûts de l’énergie et des matières premières, les coûts salariaux et la baisse des activités. Les plans de transformation et les délocalisations pèsent également.
À moyen terme, 25 % des entreprises ont revu leurs perspectives de recrutement à la baisse, contre 13 % à la hausse. En cause : gels d’embauche, restructurations, recul des commandes ou de la production, et mesures de précaution.
Des profils toujours difficiles à trouver
Plus de deux tiers des postes concernent la production ou des fonctions de support, et 16 % sont accessibles sans expérience. Ce sont précisément ces profils qui restent les plus difficiles à recruter.
Pour 53 % des entreprises, pourvoir les postes est resté aussi difficile que les années précédentes. 7 % estiment même que les recrutements sont devenus plus difficiles, tandis que 8 % font état de tensions spécifiques pour certains profils. Les métiers les plus en tension concernent la maintenance et les profils techniques, la production, la logistique et la supply chain, le contrôle qualité et la R&D.
Un pilier industriel
Avec 97.427 emplois directs, la chimie et les sciences de la vie représentent plus d’un emploi industriel sur cinq en Belgique. La part du secteur est passée d’environ 7 % dans les années 1970 à près de 21 % aujourd’hui. Après dix années de croissance, un léger recul est toutefois observé depuis deux ans.
En Wallonie et à Bruxelles, le secteur compte 33.272 emplois directs en 2025, soit 4.066 de plus qu’il y a dix ans. La tendance se stabilise cependant, avec une perte de 174 emplois entre 2024 et 2025 (114 à Bruxelles, 60 en Wallonie).
À propos du Baromètre de l’emploi
Menée chaque année par essenscia auprès de ses membres pour connaitre leurs perspectives de recrutement, l’enquête Baromètre de l’Emploi 2026 a récolté les données d’entreprises représentant 64% de l’emploi du secteur. Elle porte sur les recrutements effectués en 2025, les postes à pourvoir en 2026, les perspectives pour 2027-2028 et les partenariats en matière d’emploi et de formation.
