Test sanguin pour une détection plus efficace des risques de thrombose liés à la pilule contraceptive

La pilule contraceptive est l'une des inventions majeures du 20e siècle, mais ses effets secondaires ne peuvent pas toujours être exclus. Par exemple, elle peut augmenter le risque de thrombose et, partant, engendrer des problèmes de santé et des coûts sociaux importants. La start-up liégeoise QUALIblood a mis au point un test sanguin qui aide les médecins à prescrire aux femmes la pilule contraceptive la plus appropriée.
Entreprise : QUALIblood
Siège : Liège
Fondée en : 2018
Nombre de collaborateurs : 7

Innovation :
Un test sanguin révolutionnaire qui détecte plus rapidement et à moindre coût les risques de thrombose liés à la pilule contraceptive.

Coût pour la société

Chaque année, quelque 800 femmes en Belgique contractent une thrombose liée à l’utilisation de la pilule contraceptive. À l’échelle européenne, le chiffre est de 23.000 cas.

Outre les conséquences directes pour la femme (une thrombose pouvant entraîner une embolie pulmonaire et des problèmes cardiaques), il y a les coûts sociétaux, estimés entre 70 000 et 110 000 euros par cas. Ceux-ci proviennent du traitement médical et de l’assurance maladie, mais aussi de l’incapacité (partielle) de la patiente sur le marché du travail.

« En tant que pharmacien de formation, je déplore depuis longtemps le fait que les jeunes filles se voient souvent prescrire leur pilule contraceptive sans que leur profil génétique ne soit pris en compte », explique Jonathan Douxfils, pharmacien de formation, Professeur en pharmacologie à l’Université de Namur et fondateur de QUALIblood.

« On sait pourtant qu’une pilule inadaptée peut entraîner des thromboses. La patiente peut faire un test préalable pour savoir si elle a un risque génétique de thrombose, mais un génotypage complet, aussi appelé bilan de thrombophilie, coûte plus de 500 euros. Nous avons donc cherché une alternative plus abordable pour répondre à la question. »

Un test sanguin révolutionnaire

C’est ainsi qu’est né le test nAPCsr, un test sanguin qui ne coûtera que 50 à 70 euros.

« Grâce à ce test, le médecin peut non seulement déterminer le risque génétique de thrombose que présente la patiente, mais aussi voir quel type de pilule lui convient le mieux. Le médecin peut ainsi, en fonction du résultat du test, prescrire la bonne variante, que la patiente souhaite prendre la pilule pour la première fois ou qu’elle la prenne déjà depuis un certain temps. »

« Nous pourrions ainsi réduire le nombre de thromboses de 50 à 60 %. Cela pourrait équivaloir à environ 1,5 milliard d’euros d’économies par an au niveau européen et à des milliers de femmes qui n’auront plus à craindre des problèmes de santé (potentiellement graves). »

Outil polyvalent

Après plus d’un millier de tests réalisés dans des conditions d’études cliniques, une demande de brevet pour l’outil de diagnostic a été introduite. Jonathan : « Nous discutons avec l’Agence Européenne du Médicament pour que ce test serve à stratifier le risque des différentes pilules sur le marché. »

« Nous espérons être sur le marché avec un kit disponible pour tous les laboratoires en 2029 ou 2030, peut-être avant, bien que le service soit déjà disponible pour de nombreux laboratoires et hôpitaux en Belgique et bientôt en France. »

« Le test pourrait également aider les médecins à détecter plus tôt et à mieux traiter le cancer du sein hormono-dépendant, l’endométriose (croissance de l’endomètre en dehors de l’utérus) et d’autres maladies. Nous souhaitons aussi développer un produit pour ces applications. »

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