Indaver transforme les déchets plastiques en matières premières précieuses

© Marco Mertens
Des emballages aux pare-chocs de voiture, les plastiques sont devenus incontournables dans notre vie quotidienne. Mais après usage, certains plastiques plus difficiles à recycler posent des problèmes aux gestionnaires de déchets et à l'environnement. Avec Plastics2Chemicals (P2C), Indaver, acteur international dans la gestion durable des déchets, démontre qu'une autre voie est possible. “Nous transformons les déchets plastiques en nouvelles matières premières circulaires”, souligne Erik Moerman, Director Sales & Development. “C'est une première mondiale, made in Belgium.”
Entreprise : Indaver
Siège : Malines
Fondée en : 1985
Nombre de collaborateurs : 2.300, dont 950 en Belgique

Innovation :
Indaver transforme, grâce à Plastics2Chemicals, les déchets plastiques en une matière première circulaire pouvant être réutilisée à l’infini

Avec Indaver Plastics2Chemicals, les déchets plastiques ne sont plus un problème, mais une opportunité. En recyclant le plastique au niveau moléculaire, les flux de déchets tenaces peuvent être convertis en matières premières de haute qualité. “C’est pourquoi nous parlons d’advanced recycling”, indique Erik Moerman, Director Sales & Development chez Indaver Plastics2Chemicals.

Le cœur de ce processus repose sur la dépolymérisation. Le plastique est chauffé jusqu’à ce qu’il fonde et s’évapore. Ces vapeurs sont condensées en liquide puis purifiées par distillation, ce qui permet d’obtenir à nouveau des produits chimiques purs. “Ceux-ci peuvent être utilisés directement dans le secteur chimique en remplacement des matières premières fossiles. Il s’agit vraiment d’un cycle fermé.”

Moins de déchets, moins d’énergie, moins d’émissions

En outre, le craquage s’effectue à basse température grâce à un chauffage électrique, ce qui réduit considérablement la consommation d’énergie. Grâce à la transition vers une production d’électricité verte sur le site, notamment via un nouveau parc solaire de grande envergure, les émissions de CO₂ diminuent. “Nous gagnons dès lors sur deux tableaux: moins de déchets et moins d’émissions.”

Du pot de yaourt au pot de yaourt

Indaver se concentre actuellement sur deux types de plastiques: le polystyrène et les polyoléfines (polyéthylène et polypropylène). Pour le premier, que l’on retrouve dans les pots de yaourt et autres barquettes de viande, les déchets sont décomposés en styrène, le monomère d’origine. “Avec cela, vous pouvez à nouveau fabriquer du polystyrène qui répond aux exigences de qualité élevées pour les emballages alimentaires”, reprend Erik Moerman. “C’est ainsi que se crée la boucle parfaite: du pot de yaourt au pot de yaourt.”

Les polyoléfines, quant à elles, sont transformées en un liquide de type naphta, que les entreprises chimiques craquent ensuite en éthylène et propylène, les bases de nombreux plastiques et applications plastiques, des emballages de chips aux films en passant par les lingettes stériles.

Une première mondiale à l’échelle industrielle

Après des années de développement et de tests, l’installation P2C d’Anvers a été officiellement inaugurée en septembre 2025. Avec une capacité de 26 000 tonnes par an, elle est la première installation industrielle au monde capable de récupérer des matières plastiques à une telle échelle. “Il existe ailleurs de plus petits projets pilotes, mais notre usine est unique par sa taille et la qualité des produits finis”, déclare fièrement Erik Moerman.

Indaver n’a pas seulement développé l’installation de dépolymérisation elle-même : l’entreprise a également mis en place toute la chaîne logistique et de prétraitement. À Willebroek, 30 millions d’euros ont été investis dans une installation qui prépare les déchets plastiques livrés pour le recyclage. L’usine de dépolymérisation à Anvers a nécessité un investissement supplémentaire de 75 millions d’euros. “Nous n’offrons pas une technologie isolée, mais une solution complète, du déchet au produit final pur.”

Plus cher, mais beaucoup plus durable

Bien que le plastique recyclé soit toujours plus cher que son pendant fossile, les grandes marques se tournent délibérément vers cette option. “Les entreprises veulent réduire leur empreinte carbone et se conformer à la législation européenne”, explique Erik Moerman. Le règlement européen sur les emballages et les déchets d’emballages (PPWR) imposent aux producteurs d’utiliser au moins 10% de matières premières recyclées dans leurs emballages d’ici à 2030.

Selon les calculs d’Indaver, le procédé devrait permettre d’économiser entre 2 et 3,5 tonnes de CO₂ par tonne de déchets plastiques traités, grâce à la réduction de l’utilisation de matières premières fossiles et à la diminution de l’incinération des plastiques. Indaver souhaite plus que doubler sa capacité de traitement d’ici à 2030, pour atteindre 65 000 tonnes par an.

Atout européen: des déchets à la matière première

L’Europe dispose d’une collecte des déchets exceptionnellement bien organisée par rapport au reste du monde, et c’est un atout. “Nous avons ici une énorme source de matières premières entre nos mains: nos déchets”, confirme Erik Moerman. “Mais il faut aussi avoir la technologie pour les transformer en nouvelles briques chimiques. C’est précisément ce que nous faisons.”

Ainsi Indaver contribue-t-elle à protéger l’environnement tout en réduisant la dépendance de l’Europe aux matières premières fossiles importées. Les déchets plastiques ne sont plus un problème, mais deviennent la pierre angulaire d’une économie circulaire.

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