Organisé le 1er octobre dernier au Palais d’Egmont à Bruxelles, l’événement annuel de bio.be/essenscia “Biotech in Europe: act for global impact » a placé l’EU Biotech Act au cœur de l’agenda politique et industriel. Alors que la Commission européenne prépare actuellement une proposition législative ambitieuse pour stimuler l’innovation, la bioproduction et la croissance durable du secteur, l’événement de la fédération belge a rassemblé des leaders du secteur biotech, des décideurs politiques, des universitaires et des diplomates pour explorer comment la Belgique et l’Europe peuvent transformer cette ambition en action.
La biotech, pilier stratégique pour la Belgique et l’Europe
Geoffrey Pot, président de bio.be/essenscia, a ouvert l’importance stratégique de la biotechnologie pour la Belgique et l’Europe. « La biotech est le système nerveux des soins de santé modernes : souvent invisible, mais essentielle pour faire fonctionner l’ensemble. » Avec plus de 100.000 emplois et plus de 6 milliards d’euros investis chaque année en R&D, la Belgique a construit un écosystème de classe mondiale, regroupant des leaders mondiaux en vaccins, des pionniers en thérapie cellulaire et génique, et des start-ups dynamiques. Sans oublier l’essentiel : « Notre plus grande force réside dans notre talent : les scientifiques, ingénieurs et entrepreneurs qui transforment les idées en thérapies et l’innovation en impact. »
Le président de la Fédération a plaidé pour une action à 3 niveaux : réduire la complexité réglementaire, renforcer le financement et stimuler la collaboration à l’échelle européenne. « Remplaçons la complexité par la clarté et construisons un système qui stimule le progrès au lieu de le freiner. » L’Europe doit agir de concert, avec une Belgique jouant un rôle clé dans la construction d’un paysage biotech résilient et compétitif.

Le Commissaire européen à la Santé, Olivér Várhelyi, a ensuite présenté une vision stratégique claire. Il a souligné l’importance économique et sociétale des sciences de la vie, en précisant que le secteur contribue à hauteur de 1.500 milliards d’euros à l’économie européenne et pourvoie 29 millions d’emplois. L’EU Biotech Act fera fonction de pierre angulaire de la stratégie européenne visant à faire de l’Europe un leader mondial des sciences de la vie d’ici 2030. « Nous devons raccourcir le chemin du laboratoire au marché », a-t-il déclaré, appelant à une réglementation simplifiée, un financement ciblé et un accès plus rapide aux innovations de rupture. L’Europe dispose du savoir-faire, des infrastructures et de la réputation. Il est temps de mettre en place le cadre adéquat pour prospérer.
Réglementation : de la complexité à la compétitivité
Lors du premier panel de discussion, Xavier Hormaechea (UCB/BioWin), Marc Martens (Bird & Bird) et Claire Skentelbery (EuropaBio) ont échangé sur les défis et opportunités réglementaires liés à l’EU Biotech Act, avec un sentiment d’urgence partagé. L’UE ne doit pas seulement soutenir la recherche, mais aussi accélérer sa transformation en innovation. « Cette législation doit être véritablement transformatrice », tel était le message unanime. Alors que les concurrents mondiaux ont pris de l’avance, l’Europe doit désormais rattraper son retard.
Les intervenants ont souligné l’importance d’une harmonisation des règles, mais sans centralisation. Les « sandboxes » réglementaires ont été salués comme un moyen de stimuler l’innovation tout en garantissant la sécurité juridique. « La simplification est nécessaire, mais elle doit s’accompagner de clarté. » Le rôle de la Belgique comme hub pour les essais cliniques a été mis en avant, avec des appels à renforcer la collaboration interrégionale et à attirer davantage d’études bénéfiques pour les patients. La compétitivité n’est pas un objectif figé, mais un processus continu, porté par les talents, une réglementation intelligente et la valorisation de l’innovation.

Financement : renforcer l’épine dorsale de la biotech européenne
Lors du deuxième panel, Floor Stam (Remynd), Benoît van den Hove (Euronext Brussels) et Koenraad Van Loo (SFPI-FPIM) ont discuté des moyens de renforcer le financement de la biotech en Europe. Malgré la volatilité des marchés, l’écosystème belge a été décrit comme résilient et prometteur. « La Belgique, c’est Boston au bord de la mer du Nord », avec de sérieux atouts du pays en matière d’innovation en santé, de bioproduction et de soutien aux entreprises à fort potentiel.
« La Belgique, c’est Boston au bord de la mer du Nord »
Les subventions publiques ont été identifiées comme un levier essentiel pour attirer les capitaux privés. « Les subventions restent indispensables pour débloquer le capital-risque. Les investisseurs les considèrent comme un signal de crédibilité. » Le panel a également abordé la nécessité de retenir l’innovation et les talents européens. De nombreux Européens travaillant aux États-Unis envisagent de revenir en Europe, et le changement de mentalité qu’ils apportent représente une opportunité unique. Plutôt que de créer de nouvelles structures financières, l’Europe devrait mieux intégrer les outils existants. « Nous devons faire en sorte que les entreprises biotech puissent prospérer ici, et pas seulement créer de la valeur ailleurs dans le monde. »

Une Belgique ouverte, connectée, engagée
Dans son discours de clôture, Birgit Stevens, Directrice générale des Affaires bilatérales, a réaffirmé l’engagement de la Belgique à soutenir l’EU Biotech Act et la stratégie européenne pour les sciences de la vie. Elle a souligné l’importance de relier l’excellence scientifique aux capacités industrielles. « L’EU Biotech Act n’est pas simplement une proposition politique ; c’est un appel à l’action. »
La tradition de collaboration en Belgique – entre universités, start-ups, multinationales, hôpitaux, partenaires logistiques et gouvernements – positionne le pays comme un leader naturel dans la transformation biotech européenne. Pour rester compétitive, l’Europe doit simplifier la réglementation, renforcer le financement et créer un environnement propice à l’épanouissement des start-ups et scale-ups. « Nous devons intensifier nos efforts en R&D et transformer les idées européennes en produits européens. »

Un moment décisif pour la biotech européenne
L’événement annuel de bio.be/essenscia a mis un élément en lumière : l’avenir de la biotech européenne se construit aujourd’hui, et la Belgique est prête à prendre les devants. Avec l’EU Biotech Act comme catalyseur, le secteur doit agir rapidement : de la recherche à la réglementation, du financement au marché. Le moment est venu pour une action audacieuse.
L’événement a été animé par Tineke Van hooland, Secrétaire générale adjointe de bio.be/essenscia, et modéré par Frédéric Druck, Secrétaire général de bio.be/essenscia. Il a été organisé avec le soutien précieux du Service public fédéral Affaires étrangères, Commerce extérieur et Coopération au développement, ainsi que de Brussels Airport.
