essenscia, la fédération belge de la chimie et des sciences de la vie, a pris connaissance de la restructuration annoncée par GSK et exprime tout son soutien aux collaborateurs susceptibles d’en être concernés. Cette annonce touche non seulement les travailleurs concernés et leurs familles, mais aussi l’ensemble de la communauté pharma et biotech en Belgique, où GSK joue depuis des décennies un rôle majeur en tant qu’investisseur, employeur et innovateur. Cette restructuration doit nous pousser à agir de toute urgence. Le secteur pharma et biotech de notre pays risque de se laisser distancer dans la compétition internationale. La Belgique et l’Europe doivent prendre rapidement des mesures pour rendre le climat d’innovation et d’investissement plus attractif.
Barbara Veranneman, administratrice déléguée d’essenscia : « Nos pensées vont avant tout aux collaborateurs de GSK et à leurs familles. Cette annonce est aussi un énième signal d’alarme. La Belgique reste l’un des leaders mondiaux de la pharma et des biotechs, mais les décisions d’investissement se prennent aujourd’hui à l’échelle mondiale. Les États-Unis et la Chine investissent massivement dans leur industrie pharmaceutique et accélèrent encore le rythme. Si nous voulons préserver et renforcer ce secteur hautement stratégique, la Belgique et l’Europe ne peuvent pas rester à la traîne. Nous devons soutenir bien davantage la recherche et le développement. Si nous ne restaurons pas rapidement notre compétitivité, les investissements iront ailleurs et les innovations médicales et les emplois de demain avec eux. Cela affecterait non seulement notre économie, mais aussi nos soins de santé et le bien-être des patients. »
Des handicaps concurrentiels structurels
Sous l’effet de profonds bouleversements de l’économie mondiale, la concurrence internationale pour attirer les investissements en pharma et biotech n’a jamais été aussi vive. La Belgique et l’Europe n’échappent pas à cette compétition toujours plus rude et souffrent de handicaps concurrentiels structurels qui pèsent sur le climat d’investissement. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : entre 2016 et 2025, 288 milliards de dollars d’investissements pharmaceutiques ont été annoncés aux États-Unis, contre seulement 84 milliards de dollars dans l’ensemble de l’Union européenne. La part de la Chine dans les études cliniques mondiales est passée en dix ans de 13 % à près de 50 %, tandis que l’Europe perd rapidement du terrain.
Au sein de l’Europe, la Belgique reste toutefois l’un des clusters pharma et biotech les plus performants, avec un écosystème unique d’entreprises, de centres de recherche, d’hôpitaux et de centres de distribution. Le secteur belge de la pharma et de la biotech figure parmi les leaders mondiaux en matière de recherche, de développement, de production et d’exportation de médicaments et de vaccins. Avec 35.000 emplois directs, plus de 6 milliards d’euros investis chaque année en R&D et 72 milliards d’euros d’exportations, il constitue l’un de nos principaux atouts économiques, avec une productivité et une valeur ajoutée élevées.
Renforcer les mesures de soutien à l’innovation
C’est précisément pour cette raison qu’il est crucial de faire aujourd’hui les bons choix. La Belgique a besoin de mesures politiques concrètes qui soutiennent l’innovation, la croissance économique et la compétitivité, et qui préservent l’attractivité de notre pays pour les investissements. La recherche et le développement en sont la clé. Les pays qui parviennent à attirer et à développer des activités de R&D ancrent ainsi non seulement l’innovation, mais aussi la production de haute technologie, la logistique et les exportations, avec un effet positif sur l’économie au sens large et sur l’emploi indirect.
Le maintien et le renforcement des mesures existantes de soutien à l’innovation sont donc un impératif absolu. essenscia plaide en outre pour un dialogue structurel entre le gouvernement fédéral et le secteur afin de concrétiser une stratégie industrielle offensive et un scénario d’avenir positif pour la pharma et la biotech dans notre pays.
L’Europe doit elle aussi passer à la vitesse supérieure. La Life Sciences Strategy et l’EU Biotech Act ne peuvent pas rester des plans sur papier, mais doivent devenir de puissants leviers pour davantage d’innovation, d’investissements et de production en Europe. Nous veillerons ainsi à ce que les thérapies les plus récentes ne soient pas seulement découvertes ici, mais aussi développées et produites ici, et qu’elles parviennent plus rapidement aux patients.
