essenscia Wallonie appelle, lors de son événement annuel, le gouvernement wallon à accélérer la mise en œuvre de sa politique industrielle ambitieuse
Une politique industrielle ambitieuse et axée sur les résultats, visant à réduire les coûts de l’énergie, à simplifier les procédures de permis et à mieux protéger les secteurs orientés vers l’exportation, tels que la chimie et les sciences de la vie. Face aux tensions géopolitiques croissantes et aux conflits commerciaux, il est impératif de remédier rapidement aux obstacles structurels qui compromettent la compétitivité de l’industrie wallonne. Tel est le message clair lancé lors de l’événement annuel d’essenscia Wallonie.
Avec plus de 30.000 emplois directs, 3,4 milliards d’euros d’investissements en recherche et développement, et 8,7 milliards d’euros de valeur ajoutée – soit près de la moitié de l’ensemble de l’industrie manufacturière wallonne – le secteur de la chimie et des sciences de la vie constitue un pilier incontournable de l’économie et de la prospérité wallonnes. Pourtant, la compétitivité du secteur est sous forte pression depuis quelques années.
D’après une enquête menée auprès d’un échantillon de participants à l’événement annuel d’essenscia Wallonie, le coût de l’énergie reste de loin la principale inquiétude. Une étude de Deloitte, commandée par Febeliec – la fédération belge des consommateurs industriels d’énergie – l’a confirmé plus tôt ce mois-ci : l’industrie wallonne paie entre 14 % et 23 % de plus pour son électricité que ses concurrents des régions voisines.
Des coûts moindres, des permis plus rapides
C’est pourquoi essenscia Wallonie demande au gouvernement wallon de faire au plus vite tout ce qui est en son pouvoir pour réduire les taxes et surcharges régionales sur l’énergie et de plaider au niveau fédéral pour une diminution immédiate des tarifs de transmission pour les industries à forte intensité énergétique.
Les procédures de permis restent également problématiques : trop longues, trop complexes et trop coûteuses pour les entreprises. Il est essentiel de disposer d’une administration davantage attentive aux réalités industrielles, capable de jouer pleinement son rôle de facilitatrice dans le développement industriel.
Près de la moitié des exportations wallonnes
Les tensions géopolitiques et leur impact sur l’économie mondiale et le commerce international représentent également un enjeu majeur. Une situation qui interpelle tout particulièrement le principal secteur exportateur de Wallonie : la chimie et les sciences de la vie. La part de ce secteur dans les exportations wallonnes est passée en dix ans de quelque 30 % à pas moins de 47 %.
Une stratégie d’exportation plus ambitieuse, couplée à une promotion internationale plus affirmée de l’industrie wallonne, est donc indispensable. Concrètement, cela signifie conclure davantage d’accords commerciaux avec des partenaires économiques stratégiques, organiser des missions industrielles régionales ciblées pour mettre en valeur les atouts de l’industrie wallonne à l’étranger, et plaider auprès de l’Union européenne pour une protection et un soutien adéquats des secteurs tournés vers l’exportation.
Frédéric Druck, directeur d’essenscia Wallonie : « Le gouvernement wallon a démarré de manière positive, notamment avec des premières mesures de simplification administrative et la mise en place d’une plateforme de dialogue industries-Gouvernement. Le monde change à grande vitesse, il faut désormais accélérer les mesures permettant de stimuler la compétitivité de nos entreprises, simplifier les procédures de permis, mobiliser les talents et réduire les coûts énergétiques dans une trajectoire durable. »
Pierre Dorignaux, président d’essenscia Wallonie : « Une politique industrielle forte est la meilleure garantie pour plus de pouvoir d’achat et plus de prospérité. Le secteur de la chimie et des sciences de la vie représente près d’un quart de l’emploi industriel en Wallonie, avec 4.500 emplois créés ces dix dernières années, soit une hausse de 17 %. Peu d’autres secteurs peuvent afficher un tel bilan. Mais cette dynamique de création d’emplois est menacée. La Wallonie doit adopter une approche à la fois plus internationale et plus stratégique pour son industrie. Chaque mesure politique doit avoir pour principe fondamental le renforcement de la compétitivité et de la capacité d’innovation de l’industrie wallonne. »
L’événement annuel d’essenscia Wallonie a rassemblé ce jour à Namur 250 représentants du secteur, sous la devise : Stimuler, accélérer, exceller. Parmi les intervenants figuraient notamment Geoffrey Close, CEO de Prayon, Sabrina Ena, CEO du EU Biotech Campus, Mélanie Mestdagt, CEO d’EyeD Pharma et Axel Vuylsteke, CEO de Vinventions.
