Innovation :
Derbigum produit de nouvelles membranes de toiture à base de roofing recyclé, rendant ainsi possible une couverture de toit circulaire.
Au lieu de simplement limiter l’impact environnemental des toitures, l’entreprise Derbigum, qui dispose d’un site de production et d’une unité de recyclage à Perwez, révolutionne le roofing en repensant entièrement sa composition et son cycle de vie. Traditionnellement, ces membranes d’étanchéité sont fabriquées à partir de bitume vierge, un dérivé du pétrole. Or, trop souvent, ces matériaux de grande qualité finissent dans des décharges ou des incinérateurs. Face à ce constat, Derbigum a entrepris, depuis plus de 30 ans, de transformer cette réalité en explorant sans relâche les possibilités de recyclage et de circularité du bitume.
Ses efforts ont récemment mené à une percée majeure : la mise au point du Novitumen (contraction de “no virgin bitumen”).Cette membrane d’un nouveau genre contient entre 75 et 80% de matériaux recyclés et n’intègre plus de bitume vierge dans son processus de fabrication. De quoi réduire la dépendance aux matières premières fossiles et diminuer drastiquement l’empreinte CO₂, jusqu’à 42% pour certains produits de sous-couche.
“La vraie nouveauté, c’est que nous avons trouvé le moyen de reconstituer la structure moléculaire originale”, complète Matthieu Retailleau, R&D & Quality Manager. “Ce produit conserve ainsi toutes les qualités d’une membrane classique. Il est recyclable et réutilisable à l’infini.”
Amélioration continue
Le Novitumen s’inscrit parfaitement dans la gamme de solutions de Derbigum. La société assume ici pleinement son approche de niche et son positionnement premium. “Ce nouveau développement illustre notre volonté d’être l’acteur le plus durable de notre secteur”, avance Stefaan Valette, Marketing & Business Development Director. “Nous avons toujours décliné cette ambition selon trois axes: la qualité et la longévité du produit – avec une durée de vie moyenne de 50 ans –, le service et la circularité.”
Particularité de cette innovation: elle émane, historiquement, de la démarche d’amélioration continue du site de production. “Les équipes avaient mal au cœur de voir le matériau de grande qualité qu’ils avaient fabriqué finir en déchets”, confie Matthieu Retailleau. “Le Novitumen est en fait un produit de 7e génération, résultant de plusieurs prototypages et améliorations, ainsi que de la conviction et de l’implication des équipes.”
Derbigum, entreprise belge fondée en 1932, fait depuis 2022 partie du groupe international Kingspan, leader mondial des solutions d’isolation et de matériaux de construction. De quoi renforcer la capacité d’innovation et l’ancrage international de l’entreprise.
Écosystème circulaire
Si, pour être revalorisé, le bitume récolté fait l’objet d’un tri qualitatif destiné à écarter certaines matières potentiellement nocives, le procédé de micronisation à chaud, puis de retraitement chimique et mécanique, est extrêmement robuste. Il permet donc l’intégration d’autres membranes usagées et de moindre qualité que celles produites par Derbigum, grâce à un procédé de réactivation chimique qui redonne aux membranes usagées les propriétés du matériau neuf.
Au-delà de la prouesse technique, cette innovation est le fruit d’un écosystème que l’entreprise s’est constitué. La circularité suppose en effet un dispositif de récolte auquel contribue tout un réseau de démolisseurs et distributeurs partenaires. Ce sont eux qui récupèrent les matériaux démantelés et autres chutes de pose qui seront traitées. Le procédé mis en œuvre s’apparente à une forme d’urban mining: les anciens toits sont récupérés et utilisés comme matière première pour produire de nouvelles membranes.
Alignement d’étoiles
“Les étoiles sont à présent alignées pour que ce type d’innovation émerge”, se réjouit Stefaan Valette. Il en veut pour preuve le revirement des attentes exprimées par les clients. Aux Pays-Bas et en Scandinavie, pays réputés pour leur conscience écologique avancée, les solutions Novitumen rencontrent déjà un certain succès. “Auparavant, les acteurs associaient systématiquement le terme ‘recyclé’ à une qualité moindre. Aujourd’hui, le nombre de clients prêts à payer une prime pour ce type de matériau est en augmentation. C’est une grande fierté.”