Résorber le handicap salarial par rapport aux pays voisins
L’industrie chimique continuera à soutenir toute initiative visant à améliorer la compétitivité du coût salarial de notre pays par rapport à nos principaux partenaires commerciaux, en mettant notamment l’accent sur la réduction de charges pour le travail en équipe. Par ailleurs, essenscia plaide pour une réduction drastique du coin salarial (différence entre le coût salarial et le salaire-poche), une norme salariale rigoureuse et une politique salariale davantage liée aux résultats des entreprises.
Contexte
Même pour la chimie qui est une industrie à relativement forte intensité de capital et fortement axée sur l’exportation, le coût salarial constitue un facteur de coût très important, surtout dans les sous-secteurs en aval tels que la transformation des matières plastiques. Il ressort des données de la Centrale des bilans que la masse salariale totale du secteur chimique en 2005 a dépassé les 6 milliards d’euros, soit 50% de la valeur ajoutée du secteur ou 15% de son chiffre d’affaires.
Par ailleurs, selon la dernière enquête en date (décembre 2006) réalisée par la Bundesarbeitgeberverband Chemie allemande (BAVC ou fédération des employeurs du secteur chimique allemand), le coût salarial moyen d’un travailleur du secteur chimique belge a dépassé, pour la première fois en 2005, celui de son collègue allemand, devenant ainsi le plus élevé au monde.
Importance pour l’industrie chimique et des sciences de la vie
Près de 70 % des travailleurs de nos entreprises travaillent en équipes, dont 2/3 dans le cadre de prestations de nuit. La Belgique surclasse tous les autres pays en ce qui concerne le coût du travail en équipes. C’est pourquoi, en plus d’un abaissement général des charges, le secteur chimique demande depuis longtemps des mesures spécifiques pour les primes d’équipes. Par ailleurs, le secteur compte un nombre important de travailleurs hautement qualifiés. essenscia plaide également pour une extension de la réduction des charges salariales sur les chercheurs afin de stimuler l’innovation. Des premiers pas positifs ont été accomplis dans ces deux directions mais il importe plus que jamais de poursuivre et d’intensifier l’effort entamé.
Position du secteur
L’industrie chimique continuera à soutenir auprès des autorités compétentes toute initiative visant à améliorer la compétitivité du coût salarial de notre pays par rapport à nos principaux partenaires commerciaux. essenscia salue la récente décision du Gouvernement d’abaisser les charges sur le travail. De nouveaux abaissements des charges seront toutefois nécessaires pour résorber pleinement le handicap du coût salarial des travailleurs en équipes par rapport à nos pays voisins.
Recommandations
Le rétablissement de la compétitivité des coûts salariaux doit rester l’objectif prioritaire de la politique socio-économique de notre pays. A cet égard, essenscia se rallie aux prises de position de la FEB, mais souhaite avancer trois priorités spécifiques :
• Le coin salarial, à savoir la différence entre le coût salarial total pour l’employeur et le salaire net pour le travailleur, doit être réduit drastiquement, ceci en vue de permettre aux entreprises de payer un salaire net compétitif à leurs travailleurs à un coût comparable à celui de nos pays voisins. Pour réaliser cet objectif, les autorités devront rationaliser l’organisation de leurs services afin d’aligner les dépenses publiques sur la moyenne européenne.
• Bien que la norme salariale ait freiné le développement salarial dans notre pays ces dernières années, nos coûts salariaux restent substantiellement plus élevés que dans les pays voisins. Dès lors, essenscia défend une norme salariale rigoureuse pour éviter un dérapage supplémentaire de nos coûts salariaux, accompagnée d’une politique de réduction de charges salariales pour rétablir notre position concurrentielle.
• Vu la cyclicité de son industrie, essenscia plaide en faveur d’une politique salariale de plus en plus liée aux résultats des entreprises. Cette variabilisation proposée pourrait aboutir à une situation win-win : l’employeur voit évoluer sa masse salariale en fonction de ses bénéfices et moyens financiers et le travailleur participe à la croissance économique et aux bénéfices de son entreprise.
Contacts :
Koen Laenens, klaenens@essenscia.be , tél 02 238 97 94
Igor Magdalenic, imagdalenic@essenscia.be, tél. 02 238 98 17